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Après la réaction d’Anjorin Moucharafou dans le dossier Ollé-Nicolle:Athanase Bocco rétablit la vérité

Le président du Comité exécutif consensuel transitoire de la Fédération béninoise de football (Fbf), Anjorin Moucharafou, avait laissé entendre la semaine écoulée que le Bénin a payé la somme de plus de 134 millions due à Didier Ollé-Nicolle dont le contrat a été abusivement rompu. Seulement, au cours de sa sortie, il a laissé entendre que le Comité exécutif présidé par Augustin Ahouanvoèbla est à la base de la rupture du contrat du technicien français. Ce que l’ancien membre du Comité, Athanase Bocco, réfute dans cette interview.

Nous avons écouté en fin de semaine écoulée le président du Comité exécutif consensuel transitoire de la Fédération béninoise de football (Fbf) Anjorin Moucarafou, a apporté la bonne nouvelle au peuple béninois dans le dossier Didier Ollé-Nicolle. L’entraineur est rentré dans ses fonds. Le différend entre l’État béninois et le coach français est désormais réglé. Néanmoins, il a fait savoir que la rupture unilatérale du contrant du sélectionneur était intervenue au temps du Comité exécutif qu’avait dirigé par Augustin Ahouanvoèbla.

En tant qu’ancien membre du Comité, vous aviez débattu de ce sujet lors de vos réunions. Dites-nous de quoi il est réellement question ?

Avant tout propos, je tiens d’abord à remercier le ministre des Sports, Oswald Homéky, pour avoir pris de la hauteur et par son intermédiaire le chef de l’État, le président Patrice Talon qui au-delà de tout est resté au-dessus de la mêlée pour pouvoir régler ce problème qui nous tenait à cœur. Que Ollé-Nicolle ait ses sous, c’est une bonne chose. Mais ce qui est très important, c’est la France qui nous regarde. Et, à travers la France, le monde entier. Donc, je suis très fier d’être Béninois compte tenu de l’acte posé par le gouvernement. Ceci dit, je voudrais encore vous rappeler que pour sa dernière sortie, Anjorin Moucharafou a fait économie de vérité. Parce qu’en réunion du Comité, il a été démontré et vu les dates où les choses se sont passé que la rupture unilatérale du contrat de l’entraîneur français Didier Ollé-Nicolle a eu lieu au temps d’Anjorin Moucharafou et non d’Augustin Ahouanvoèbla. Il faut que cela soit clair. Tout s’est passé sous le ministre des Sports, Safiou Affo, avec la bénédiction d’Anjorin Moucharafou. Donc, c’est lui qui a fait perdre au Bénin, toute cette somme (134.140.000 Cfa, ndlr). Parce qu’en son temps, et comme il tenait à revenir, il a tout goupillé pour faire retirer l’agrément au bureau exécutif d’alors, dirigé par Augustin Ahouanvoèbla. La preuve, est-ce que vous avez encore entendu parler de retrait d’agrément ? Si nous devrions voir tout le contour juridique que cela pourrait engendrer, nous n’en serons plus là aujourd’hui. Enfin, je voudrais dire quelque chose qui me tient à cœur. Je demande qu’on fasse un audit et qu’on voit les papiers concernant l’immeuble et le terrain qui abritent le siège de la Fbf à Djassin (Porto-Novo). Et qu’on vérifie les noms que portent ces patrimoines censés appartenir au peuple béninois parce qu’il y a aussi un flou à ce niveau. C’est pour dire qu’il y a beaucoup de choses à sortir dans les jours à avenir. Je n’attends que les différentes candidatures dans la perspective des prochaines élections à la Fbf pour faire le débat. Surtout pendant la campagne afin de situer les uns et les autres.

Parlons des Requins, votre club de cœur. Avez-vous les dernières nouvelles des Awissi Wassa ?

C’est un club que j’ai toujours aimé. J’ai grandi au sein de la famille Awissi Wassa. Par conséquent, je ne vais jamais renier les Requins qui sont après tout mon club. Ce que je sais, c’est que ce club ne se porte pas très bien dans le pseudo championnat. Et comme vous le constatez, nous devons être honnêtes. Les raisons de notre démission sont maintenant justifiées. Nous avons dénoncé le contrat que le partenaire Christian Lagnidé par l’intermédiaire de Lc2 a signé avec la Fédération dans le cadre de ce championnat en ce qui concerne le financement. Nous avons évoqué la souscription des enfants à la Cnss et aux mutuelles de maladie en cas de blessure. Qu’est-ce que vous voyez aujourd’hui ? La réalité est là et crève l’œil. Tous ces clubs ont des problèmes financiers parce que n’importe qui ne peut se lever pour diriger un club. Il faut le financement. Donc, je vous avoue que les Requins se portent vraiment mal.

Est-ce à dire que c’est le football béninois qui se porte mal ?

Le football béninois ne s’est jamais bien porté. Le football béninois est géré par les mensonges, les coups bas. Le vrai problème, c’est que le niveau intellectuel des gens qui dirigent le football béninois ne leur permet pas de mettre des structures en place pour un véritable décollage de la discipline. Ils ont peur de se faire détrôner et préfèrent ceux qui peuvent jouer de sales tours et faire des combines avec eux. Conséquence, le football béninois n’est pas vendable. Il n’y a pas de football au Bénin. Nous jouons encore au citron dans les quartiers.

Propos recueillis par E.A.B

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