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Centre de radiothérapie d’Abomey-Calavi:Pourquoi ce projet novateur a disparu

A grand renfort de publicité, le Bénin, on se souvient, avait organisé courant juin 2014, une table ronde des investisseurs à Paris. Au nombre de engagements pris par la communauté internationale, le projet de construction d’un Centre de radiothérapie. Ce qui permettra de diminuer les coûts pour l’Etat béninois en limitant les transferts à l’étranger. Mais depuis lors le projet, semble-t-il, est bloqué. Pourquoi ?

Ce centre devrait permettre de repositionner le Bénin dans la sous-région en matière de traitement des pathologies sévères, tel le cancer. On se rappelle le samedi 11 avril 2015, l’ex chef de l’Etat, Boni Yayi a procédé à la pose de la première pierre de l’édification du Centre de Radiothérapie, d’Oncologie et de Médecine Nucléaire d’Abomey-Calavi (Crac). Un grand hôpital qui devrait servir à soigner les personnes atteintes du cancer. Malheureusement, le projet n’a plus connu d’évolution et le groupe français Untec, qui a déjà englouti plus d’un milliard de FCfa, menace de se retirer et de saisir la justice. Un mémorandum d’entente sur le projet d’édification et d’exploitation du Centre de radiothérapie, d’oncologie et de médecine nucléaire d’Abomey-Calavi ( Crac) a été signé entre l’Etat béninois et le groupe français Untec, le 31 mars 2015.Et conformément au point 7.3 à l’appendice du mémorandum, le chef d’Etat d’alors, Yayi Boni a procédé à la pose de la première pierre de l’édification du Crac, samedi 11 avril 2015. Un délai de neuf (9) mois avait été arrêté pour finir les travaux, c’est dire au plus tard fin janvier 2016. Au terme de cette autorisation du gouvernement béninois, le conseiller technique à la Présidence d’alors, Joseph Tamègnon présentait la délégation du Groupe Untec au Novotel, les contrats en six exemplaires. S’en ont aussitôt suivi courant novembre 2015, les signatures du Ministre de la Santé, Pascal Dossou –Togbé et du Ministre d’Etat, Fulbert Amoussouga. Il est notifié à la page 17 du contrat de la construction et d’équipement du Crac que le paiement du premier acompte au Groupe Untec se faisait la fin décembre 2015 une fois que le Ministre des finances, le quatrième et dernier acteur majeur apposait sa signature. Pendant que le groupe Untec attendait la signature du Ministre des Finances, son fournisseur Elekta le presse pour la livraison de ses accélérateurs commandés. Il en suit l’embarquement de deux conteneurs de 40 pieds depuis l’Europe qui arrivèrent au Port de Cotonou les 26 et 27 février 2016.

Il faut lever les blocages

L’Assemblée nationale a doté le Bénin en septembre dernier au terme de la seconde plénière de la 5ème session extraordinaire, d’une loi sur la sûreté radiologique et la sécurité nucléaire. Il s’agit de la loi n° 2017-29. Elle permettra d’utiliser le nucléaire civil au Bénin à des fins de développement dans plusieurs secteurs de la vie dans le respect des règles éditées par l’Agence internationale de l’énergie nucléaire atomique. Logiquement la création d’un tel centre ne devrait poser aucun problème, argument avancé par le régime de Boni Yayi pour ne pas exécuter les travaux. La conférence épiscopale du Bénin regrette profondément que le projet batte de l’aile actuellement. Elle a promis de s’informer pour savoir où se situe le blocage. Le chef de l’Etat est appelé à lever les blocages liés à la construction du projet Crac hypothéqué par le rapatriement depuis le 06 décembre 2016 du second conteneur des équipements médicaux. Patrice Talon, soucieux du bien-être de la population, est le seul qui pourra décanter la situation afin d’éviter un nouveau procès qui fera perdre à l’Etat béninois des milliards de FCfa.

JPM

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