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Cultura : Les instrumentistes, les oubliés de la chaîne de production musicale

Ils sont nombreux, mais peu arrivent à se démarquer. La majorité attend peut-être l’heure de Dieu. Malgré le rôle important qu’ils jouent dans la production musicale, les instrumentistes au Bénin sont souvent relégués au second rang. Ce sont les artistes qu’ils accompagnent qui s’arrogent tous les honneurs. Ils se contentent juste de leur rémunération.

La plupart confient qu’ils sont des hommes de l’ombre difficile à voir sauf sur des concerts. Mais de nos jours cette situation connait un léger changement. Les instrumentistes sont plus en vue. Par exemple au Congo, on parle de plusieurs guitaristes tels que Eddy Bass, Florent Moulondo et bien d’autres. En Côte d’Ivoire les noms du bassiste Bébi Philipe et du batteurs, Xavier sont souvent à la loupe. Au Bénin, parlant de batteur on a Jean Adagbénon au piano, Israël et à la Bass Fagem pour ne citer que ceux là. La musique, c’est des hommes qui la produisent. Mais pourquoi ces derniers restent toujours cacher. Pour Bruno Bass, chacun a son étoile et cela brille quand vous faites bien votre travail. Ayôdélé est une passionnée de la batterie. Elle joue souvent quand elle en a l’occasion. Pour la jeune artiste, la batterie est un instrument de valeur. « J’ai trouvé cela vraiment merveilleux surtout qu’au Bénin, peu de femmes jouent un instrument », déclare-t-elle. Et d’ajouter : « J’encourage les femmes à s’y mettre ». Loin de jouer un instrument, certains artistes pensent que la mission première d’un instrumentiste n’est pas de se faire voir mais de prouver son talent à travers une œuvre. Un avis que partage GgLapino. Sur l’émission "Cuto" de Océan Fm, l’artiste a fait savoir que le travail paie toujours et les meilleurs se distinguent aussi facilement. La compétence est une valeur également cultivée dans le milieu artistique. Mais il faudra que cette compétence soit couronnée. C’est dans cette dynamique que s’inscrit le promoteur du festival des Musiciens et instrumentistes africains (Mia). L’homme organise depuis le 25 novembre 2017 un géant festival au stade Général Mathieu Kérékou pour mettre en compétition les instrumentistes africains en vue de décerner des prix aux meilleurs. Selon Edgard Djossou, il faut encourager les instrumentistes car, ce sont eux qui font le gros boulot et qui ne sont malheureusement pas valorisés. Rappelons que le festival Mia prend fin le samedi prochain.

Boris Koumagnon

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