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Défaut de formation des artistes au Bénin:Une des raisons des balivernes souvent véhiculées ?

La plupart de nos artistes "Nouvelle génération" se forment sur le tas. Généralement sans formation aucune, ils se lancent dans la carrière artistique occasionnant ainsi d’énormes dégâts tant sur le plan moral que sur le plan éthique. Les exemples sont légion et nécessitent réflexion.

A peine le certificat d’études primaires en poche, ils font la star au 229. Artistes sans notions de base en la matière, ils prennent ainsi d’assaut nos petits écrans et vrillent les tympans des paisibles auditeurs. L’illettrisme étant à son paroxysme, ils se proposent alors d’égailler les Béninois à travers des morceaux sans but, sans repères, sans identité. Du coup, qui veut devient artiste tant qu’il souhaite porter ce manteau. La formation dans ce domaine très sensible a donc déserté le forum. Il suffit pour un quidam d’avoir une voix soi-disant belle pour se jeter dans la marre. C’est l’exception qui confirme la règle, dit-on. Néanmoins, certains artistes se distinguent positivement dans le lot. Ils savent comment envelopper des expressions pouvant heurter les sensibilités. Par contre, les non-lettrés s’adonnent à la vulgarité sans être inquiétés. Doivent-ils se plaindre du manque d’école de musique au Bénin ? Que font les différentes organisations d’artistes musiciens officiellement enregistrées et exerçant au Bénin ? Le verre est dans le fruit. Conformément au décret N°2011-322 du 02 Avril 2011 portant statut de l’artiste en République du Bénin, l’article 6 indique qu’en application à l’article 6, tout artiste doit adresser à la Maison de l’artiste un dossier d’immatriculation comprenant notamment un formulaire dûment rempli, une photocopie légalisée de la carte d’identité nationale, une note sur ses réalisations artistiques accompagnées d’éléments illustratifs concrets comme des photos, vidéos, diapositives, catalogues, cassettes, CD, coupures de presse ou tout autre support permettant d’apprécier ses qualités. Mais au Bénin, combien d’artistes respectent cette disposition ? L’article 24 du décret N°2011-322 du 02 Avril 2011 portant statut de l’artiste en République du Bénin précise que tout artiste professionnel ou semi-professionnel doit être immatriculé à la Maison de l’Artiste, respecter l’éthique, l’ordre public et le patrimoine culturel national, respecter la réglementation fiscale en vigueur, observer le secret professionnel, prêter son concours aux actions d’intérêt général en faveur de la culture, des arts et des lettres. L’article 25 va plus en détail et stipule que tout manquement à l’une quelconque des obligations précisées ci-dessus est sanctionné conformément aux lois et règlements en vigueur. Certes, le décret est pris, mais son application tarde à être mise en exécution. Les cadres du ministère de la culture doivent cependant prendre les taureaux par les cornes pour qu’un nouveau vent puisse souffler sur ce secteur primordial aux yeux de Zeynab Habib et de Jean Adagbénon.

Spéro Ahoussinou

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