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Denis Hodonou, président du Ppb à propos de la crise togolaise :« Nul ne peut être exclu dans une vraie démocratie »

Le président du Parti du peuple béninois (Ppb) anciennement Prpb Denis Hodonou est préoccupé par la crise que traverse la République du Togo. Dans une interview qu’il a accordée à votre journal, il prend exemple sur la situation qu’avait connue le Bénin par le passé et propose une porte de sortie de la crise à l’opposition et à la majorité présidentielle.

Le Matinal : Depuis quelques semaines, le Togo connaît une crise sociale et politique. Que pensez-vous de cette situation ?

Denis Hodonou : C’est regrettable que nos frères togolais en soient encore à ce stade par manque d’un vrai dialogue en ne mettant pas au-dessus de tout, l’intérêt supérieur de leur pays.

L’opposition togolaise demande le retour à la Constitution de 1992. Pensez-vous que cela est réaliste ?

Nous sommes actuellement en 2017 et l’opposition demande de retourner 25 ans en arrière. Est-ce que vous-même, vous trouvez cela sérieux. C’est pour cela que je parle de manque d’un vrai dialogue entre les acteurs politiques togolais. Le mêmeproblème s’était posé à nous au Bénin par le passé. Certains politiciens voulaient empêcher le Général Mathieu Kérékou alors président de la République de se représenter à l’élection présidentielle de 1991. La majorité ne les avait pas suivis car nul ne peut être exclu dans une vraie démocratie. Ainsi, le Général Mathieu Kérékou a été candidat et bien qu’il soit président de la République il a été battu par son challenger, Nicéphore Soglo créant ainsi l’alternance au sommet de l’Etat. 5 ans après c’est-à-dire en 1996 le président Soglo a été battu lui aussi par le général. Ce rappel est fait juste pour dire à nos frères de l’opposition togolaise que le Bénin constitue un bel exemple pour eux. Aujourd’hui le problème de deux mandats ne se pose plus, puisque la nouvelle mouture du projet de Constitution du gouvernement prend en compte le sujet. La phrase « nul ne peut faire au-delà de deux mandats » doit être acceptée par le camp de la majorité présidentielle dans le cadre d’une nouvelle Constitution pour juguler la crise. Au vue de la situation actuelle le président Faure Gnassingbé peut de son gré accepter ou refuser de se représenter à la prochaine élection présidentielle. C’est à l’opposition de se mobiliser pour l’empêcher de gagner au cas où il se présenterait.

L’opposition exige la démission du président Faure Gnassingbé. Votre avis ?

L’opposition est dans dans son rôle. Mais selon vous est-ce une demande sérieuse ? Sur quelle base doit-il démissionner ? Il a été élu pour un mandat de 5 ans encore en cours.

Quelle pourrait-être selon vous la porte de sortie de cette crise ?

La seule solution est que l’opposition reconnaisse qu’il s’agit d’une nouvelle Constitution et que le camp de la majorité présidentielle elle aussi accepte d’y faire inscrire la phrase « nul ne peut faire au-delà de deux mandats ». Il faut éviter à tout prix de jouer les extrémistes. Une telle situation ne peut amener le Togo que vers l’abime.

Que pensez-vous de la gouvernance du pouvoir du président Faure Gnassingbé ?

Pour qui visite le Togo remarque un véritable changement notamment sur le plan des infrastructures et des réformes. On sent qu’il a une vision pour le développement de son pays. Mais le fait que l’esclave veut s’affranchir de la tutelle de son maitre pour satisfaire son peuple ne peut plaire au maitre. Tout ce qui se passe aujourd’hui au Togo est le fruit de la volonté de ce maître.

Propos recueillis par A.T

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