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Relance de l’artisanat béninois:Les innovations du Code de l’Uémoa

Le code de l’artisanat de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa) et la nomenclature des métiers viennent conforter la révolution amorcée dans le secteur de l’artisanat qui contribue pour 13 % au Produit Intérieur Brut en République du Bénin.La nécessité de leur vulgarisation est admise par les principaux acteurs publics et privés qui se sont penchés sur son appréciation.

L’avènement du code de l’artisanat de l’Uemoa favorise l’amélioration du code béninois de l’artisanat qui s’était axé sur 11 branches d’activités, 42 corps de métiers et 210 métiers. Cet instrument précieux de codification est une base de règles permettant de régir le secteur de l’artisanat. Le coordonnateur du Bureau d’appui aux artisans (Baa), Cyr Davodouny, voit une réelle harmonisation des politiques étatiques de l’artisanat. On y découvre la définition de l’artisan, la problématique de la formation continue et de l’apprentissage, les indications sur la gestion et la construction de la formation, le volet entrepreneurial de l’artisanat, la recommandation de l’accessibilité d’une part du marché public aux artisans, le traitement des artisans dans leur vieillesse, la prise en compte du travail du conjoint (époux ou épouse). Tout ceci, dans une vision systémique absente du code béninois de l’artisanat. Pour sa part, le Directeur de la promotion de l’artisanat (Dpa), Casimir Degbey, dans un regard analytique qui part du code national à celui communautaire, relève le règlement de difficultés et surtout l’arrimage des actes nationaux audit code. L’intérêt particulier de la Dpa à la mise en œuvre adéquate du code de l’union tient aux travaux déjà entamés pour l’effectivité de la participation des artisans au marché public, à la prise commune de certaines décisions et surtout à la synergie de travail entre les différents acteurs qui animent le secteur. Il met aussi un point d’orgue sur la recommandation faite par le code aux communes de s’approvisionner en meubles auprès des artisans locaux. Soufianou Imorou, président de l’Union des chambres interdépartementales de métiers du Bénin (Ucimb) loue cet instrument révolutionnaire et exprime toute la fierté des artisans au regard de la finesse dans son élaboration en 85 pages de 5 titres, la prise en compte de l’organisation des chambres de métiers, l’intérêt porté au fichier des entreprises artisanales, l’appel à l’obligation de certification et surtout l’exigence faite à la commission nationale de l’artisanat de délivrer la carte professionnelle aux artisans.

La pertinence du code

La pertinence du code de l’artisanat de l’Uemoa entré en vigueur le 1er juillet 2014 sert à l’avènement d’une nouvelle nomenclature des métiers de l’artisanat au Bénin qui réalise l’actualisation des normes. La nomenclature est basée sur 8 branches d’activités, 40 corps de métiers et 311 métiers au total et est pour le coordonnateur du Baa le mode d’organisation des acteurs du secteur de l’artisanat, une matrice à trois colonnes. Elle est innovante avec l’inclusion dans l’artisanat des activités de petits transports et la transformation agricole, souligne le président de l’Ucimb. Elle a réorganisé les métiers et mérite une large vulgarisation à travers des ateliers et séminaires avec la synergie entre ministères et tous les acteurs, affirme le directeur de la promotion de l’artisanat. La prise d’arrêtés et décrets est donc jugée nécessaire pour une effectivité des ambitions au profit du secteur de l’artisanat, clame Soufianou Imorou. De son côté, Casimir Degbey peint les ambitions du Programme d’actions du gouvernement (Pag) pour le rayonnement de l’artisanat béninois. Il est donc nécessaire de relever le défi d’actualisation de tous les anciens textes et que les décideurs favorisent la convergence du secteur de l’informel vers la réalité de l’inscription au registre des métiers.

JSB

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