Le professeur Albert Tévoédjrè a d’emblée exprimé ce dimanche sur Océan Fm sa satisfaction quant à la commémoration du cinquantenaire de l’accession du Bénin à la souveraineté nationale. « 50 ans, c’est un âge respectable. Depuis 50 ans, nous sommes gouvernés par nous-mêmes. Oui, ça peut se célébrer », a-t-il reconnu. L’homme qui faisait partie du premier gouvernement de la jeune République du Dahomey en 1960 a aussi montré qu’en un demi-siècle, le pays a fait quelques avancées. « Ce qui a été fait, mérite d’être salué », s’est-il réjoui. Pour preuve, l’invité de Virgile Ahouansè a souligné qu’au début des années 1960, le Port autonome de Cotonou qui comptait 400 mille tonnes de marchandises par an au début des années 1960, en transite aujourd’hui près de 10 millions de tonnes. Au début de notre indépendance, a-t-il ajouté, il y avait 350 étudiants, mais ils sont plus de 82000 aujourd’hui. « Nous venons de très loin. Mais on n’a pas fait assez. Nous aurions pu aller vite », a regretté le médiateur de la République. Et soutenant son argumentaire, il a fait savoir que l’instabilité politique ayant marqué le Dahomey n’a pas favorisé son développement. Selon lui, les Béninois ont toujours été insatisfaits de leurs gouvernants et ont développé l’impatience de ne pas les laisser travailler. Poursuivant son décryptage, il précise que la jeunesse entretient de plus en plus la culture de l’oisiveté et affiche un goût pour la vie facile. A l’en croire, ces comportements qui sont malheureusement endémiques au sein de la population ont aussi facilité l’introduction de la bande des escrocs d’Icc-Services. Et analysant ce scandale qui fait couler beaucoup d’encre et de salive, le professeur Albert Tévoédjrè a déploré la conduite des épargnants. « Je trouve dangereux que des fonctionnaires, des docteurs et des entrepreneurs aillent mettre leur argent dans ces structures-là », a-t-il fait observer. Il a beaucoup plus condamné les populations qui continuent de croire au merveilleux que le gouvernement qui a selon lui, une responsabilité de police. Face à ces maux qui gangrènent la société béninoise, il a fait savoir que le Bénin doit convoquer une nouvelle conférence nationale pour définir de nouveaux principes républicains. « Si vous voulez changer l’avenir du Bénin, changez de mentalité », a-t-il conseillé. L’invité a annoncé dans ce cadre la tenue d’un colloque qui réunira plusieurs sommités en Novembre prochain au Bénin. Ce sera également, à l’entendre, une occasion pour donner un sursaut patriotique aux citoyens béninois. Il s’est aussi prononcé sur le triste sort réservé à Porto-Novo, la ville devant abriter les festivités du cinquantenaire de l’indépendance du Bénin. Selon les propos du professeur, Porto-Novo subit les conséquences des déchirements ethniques qui ont obligé le président Maga à changer de ville au Palais de la présidence. Cette décision n’a pas profité à la Capitale, a-t-il précisé. Et malgré les différents programmes de réhabilitation initiés par plusieurs gouvernements, a constaté Albert Tévoédjrè, Porto-Novo ne s’est pas véritablement développée. Mais il est tout de même resté optimiste car, a-t-il informé, de nombreux travaux sont en cours d’exécution.
« Le peuple béninois est suffisamment intelligent pour opérer un choix en 2011 »
Les questions relatives aux présidentielles de 2011 ont aussi été abordées hier sur « Cartes sur table ». Mais le professeur Albert Tévoédjrè qui occupe depuis quelques années le poste du médiateur de la République, une fonction de distanciation, n’a pas été prolixe ni trop explicite dans ses analyses. Certainement à cause du devoir de réserve qu’il se doit d’observer. Néanmoins, il a montré que personne n’est nouveau sur la scène politique nationale. Il a fini en soulignant que le peuple béninois est suffisamment libre et intelligent « pour faire le meilleur choix afin que les choses continuent de s’améliorer ».
Allégresse Sassé (Coll)