En revenant chaque fois sur le mot « Consensus » L’Union fait la Nation dirigée par Ange Marie Bruno Amoussou n’exige pas une ‘’ Lepi consensuelle’’ sans savoir de quoi elle parle et quelles en sont les vraies motivations. C’est bien des situations et surtout de la chose jugée qui se cachent derrière cette terminologie. En d’autres termes, on dira que c’est sur la base d’une grande jurisprudence que les ténors de l’opposition informelle se reposeront pour se tirer d’affaire. La Cour constitutionnelle a déjà utilisé cette terminologie pour débouter les députés de la quatrième législature qui tentaient de prolonger leur mandat d’un an pour avoir un quinquennat avec effet rétroactif. Tenant compte du fait que le gouvernement de Yayi Boni n’était pas en phase avec ce choix, les sages de la Haute juridiction ont estimé que tous les acteurs de la vie nationale ne sont pas d’accord et qu’il n’y a moyen d’accéder à la leur requête. D’autres recours ont dû être traités de la même manière du fait qu’une frange de la population n’a pas été acquise à la cause. Aujourd’hui, le débat national sur la Lepi et sa mise en application tend à cette même fin. Ce qu’on appelle la vieille classe politique et leurs nouveaux alliés souhaitent que leurs doléances soient entièrement prises en compte avant qu’ils n’adhèrent au processus. Et au fur et à mesure que le temps passe, on constate que le seul vrai point d’achoppement se situe à ce niveau. Parce que tout le monde veut de la Lepi mais il faut qu’elle soit consensuelle. On l’a dit à temps et à contretemps. Le message est délivré partout, lors des échanges avec la mission onusienne, le chef de l’Etat, les membres de la société civile et à l’Assemblée nationale. C’est un signal suffisamment fort qui aurait pu être vite retenu l’attention de ceux qui, comme la Société civile, jouent les sapeurs pompiers. Car, c’est à ce niveau que réside le grand piège qui, à terme, pourrait faire son œuvre. C’est ce qu’il faut bien comprendre dans l’allégorie de Bruno Amoussou qui veut dire ‘’Bon arrivée à ceux qui seront à l’arrivée dans le train’’. Ses compagnons et lui n’étant pas compris au départ, il se réjouit que leur message fait est compris de plus en plus. Et dans leur inquiétude et le fait qu’ils n’entendent pas s’associer à la manière dont le processus se gère, ils ne forcent rien et n’obligent personne à les suivre dans leur logique. Alors, que fera la Cour constitutionnelle quand une fois à la fin du processus, l’Union fait la Nation déposait un recours aux fins d’annuler la Lepi ? Un détail est important. C’est que la position de l’Union fait la Nation n’a pas changé jusque-là. Elle est plutôt rejointe par les autres qui commencent à accepter certains de ses choix.
La rencontre d’évaluation du processus
C’était depuis le 17 novembre 2009 que l’opposition non déclarée a demandé cette pause pour une évaluation du processus. Elle n’a pas été entendue au point où ses députés ont dû introduire rapidement une loi abrogatoire à l’Assemblée nationale en guise de mesure conservatoire comme l’a précisé le président du Parti social démocrate (Psd). En janvier 2010 plus tard, le groupe qui a été reçu en audience au Palais de la Marina a rappelé au chef de l’Etat l’urgence de cette pause pour évaluer le travail abattu en vue d’établir une Lepi consensuelle. Mais, jusque-là le message n’a pas été entendu. Personne dans l’entourage du président Yayi Boni n’a vu l’importance de cette terminologie qui revient à n’en plus finir. Il a fallu les signes évidents de blocage pour que le premier magistrat fasse appel à l’Organisation des nations unies (Onu) pour l’aider. Et c’est suite aux travaux des émissaires onusiens et les ratés constatés dans la gestion faite par le Superviseur général que tout le monde a senti la nécessité de cette évaluation qui a eu finalement lieu le 09 mars dernier, soit environ cinq mois après que l’opposition ait annoncé les couleurs. Mieux, à la rencontre de ce 09 mars, il a été retenu de commun accord qu’un groupe de travail soit rapidement constitué en 48 heures pour rendre compte au le 15 du mois. Mais jusqu’à la fin de la journée d’hier, le ministre en charge des relations avec les institutions, n’a pas cru devoir former cette équipe. 24 heures viennent en effet d’être perdues et on attend toujours. Et puis, il faut remarquer qu’au moment où le gouvernement et ses alliés œuvraient pour la poursuite du processus, l’opposition tenait toujours à cette pause et que ce soit après le rapport du groupe de travail que tout redémarre. Une façon pour ne pas avoir à recommencer éternellement.
Jean-Christophe Houngbo
(Br.Ouémé-Plateau)