Les pieds couverts de blessures, elle se faisait porter par des membres de sa famille. Des hématomes et des blessures ouvertes couvraient son visage. Deux blessures béantes étaient visibles sur ses deux mains. Les proches de la malade disent qu’elle a reçu de violents coups de poing administrés par ses bourreaux. Mme Essama s’en est tirée également avec une mâchoire défoncée.
La bastonnade a eu lieu dans la nuit de jeudi 04 mars, autour de 22 heures. Selon des témoignages concordants, les policiers ont bastonné la dame qu’ils accusaient de sorcellerie. « Après la réunion de notre association, nous-nous sommes arrêtées dans un bar pour boire une bière. A peine nous sommes assises, les deux policiers sont arrivés à leur tour. L’un d’entre eux s’est mis à accuser ma copine de sorcière. Celle-ci n’a pas supporté et elle s’est mise à les insulter pour se défendre. C’est là que les deux bourreaux se sont associés pour rouer ma copine de coups », raconte la camarade de la victime, par ailleurs présidente de l’association dont elles sont membres au quartier Ndogpassi. D’autres témoins racontent que les deux policiers ont d’abord fouetté la dame à l’aide d’une ceinture, ensuite ils lui ont administré des coups de poing et de pieds. « La femme s’est évanouie et a commencé à avaler sa langue. Un des policiers s’est penché sur elle et a tiré sa langue. Puis, ils se sont enfuis », révèle un témoin. Les deux policiers ne portaient pas leur tenue de service lors de leur forfait.
Hier dimanche sur son lit d’hôpital, Mme Essama avait encore de la peine à parler. Selon le certificat établi par le médecin, elle a une incapacité de 50 jours avec cinq jours d’hospitalisation. Le certificat médical révèle également que la victime souffre des lésions internes au niveau des côtes. Selon un membre de la famille de la victime, les premiers soins qui lui ont été administrés se chiffrent à près de 100.000 francs Cfa. Une plainte a déjà été déposée au parquet de Ndokoti. Pour l’heure, l’identité exacte des deux policiers demeure inconnue. La jeune femme se souvient seulement de leurs visages. Mère cinq enfants, Mme Essama a été bastonnée au moment où son époux, forestier, se trouvait à Ebolowa. Les membres de sa famille expliquent qu’elle devait également se rendre à Yaoundé ce vendredi, au chevet de sa fille
Christelle Kouétcha
Le Jour / Lundi, 08 Mars 2010