"Les joueurs doivent s’habituer à une autorité. Les critères de sélection doivent évoluer y compris dans les centres de formation", affirme mercredi le nouveau sélectionneur des Bleus dans le journal "Le Parisien".
"A côté des critères de performance, il faut aussi prendre en compte le comportement et l’éducation. Si un joueur n’a pas un bon comportement, il faut être radical, il faut le dégager", précise l’ancien défenseur central, champion du monde 1998 et d’Europe 2000.
Successeur de Raymond Domenech après le fiasco des Bleus au Mondial sud-africain, marqué par une grève de l’entraînement, Blanc affirme qu’il "ne serait pas monté" dans le bus des mutins à Knysna. "On a fait passer l’intérêt d’un joueur (Nicolas Anelka) avant l’intérêt collectif, et ça, ça n’existe pas".
Les joueurs avaient décidé cette grève pour protester contre l’exclusion de Nicolas Anelka, auteur d’insultes à l’encontre de Domenech à la mi-temps du match France - Mexique. Laurent Blanc a décidé de ne convoquer aucun des "Mondialistes" pour son premier match en Norvège le 11 août, mais il n’entend exclure personne des futures sélections.
Anelka, s’il n’est pas sanctionné après le rapport de la mission d’information mandatée par la Fédération française de football (FFF), sera sélectionnable, comme Franck Ribéry et Karim Benzema, impliqués dans une affaire de moeurs, indique Laurent Blanc.
"Je suis là pour deux ans. Je vais essayer de composer la meilleure équipe avec les meilleurs joueurs possible. Ribéry et Benzema font partie des joueurs potentiellement incontournables en sélection. Ils sont donc sélectionnables", dit le sélectionneur, prenant le contre-pied de la ministre des Sports Roselyne Bachelot, qui s’est prononcée contre toute sélection en cas de mise en examen.
Blanc ne stigmatise aucun joueur et se démarque de son ex-partenaire en équipe de France Lilian Thuram, qui a demandé que Patrice Evra, l’un des leaders de la rébellion, ne soit plus sélectionnable.
"Tout le monde était responsable", analyse-t-il. "J’ai décidé de sanctionner les 23 qui étaient dans le bus (en ne les sélectionnant pas contre la Norvège). A partir de septembre, j’ai le choix de prendre tout le monde".
Samir Nasri, Philippe Mexès, Guillaume Hoarau pourraient figurer dans la liste des joueurs appelés pour la Norvège, indique Blanc. "Je regrette que cette Coupe du monde n’ait pas permis de dégager cinq joueurs incontournables", souligne-t-il, estimant que seul Lloris peut faire l’"unanimité". "Pour certains, il y a une carte à jouer", prévient-il à propos du match contre la Norvège.
Les Bleus recevront le Bélarus le 3 septembre au Stade de France pour leur entrée en lice dans les éliminatoires de l’Euro 2012, où ils auront comme autres adversaires la Bosnie, la Roumanie, le Luxembourg et l’Albanie.
"C’est l’Euro 2012 ou je m’en vais (...) Ce n’est pas mon trip de continuer si j’ai échoué", affirme également Blanc, qui a signé pour deux ans, mais rendra son tablier en cas de non qualification à ce championnat d’Europe en Ukraine et en Pologne.
"Après, si on se qualifie et si on fait un bon Euro, on peut éventuellement discuter d’une prolongation de deux ans de plus", précise-t-il dans "L’Equipe".
Blanc, qui révèle que son salaire sera entre "un million et 1,2 million d’euros brut par an", juge par ailleurs "simpliste" le constat selon lequel les joueurs de football sont "trop payés". "Quand on voit le montant des droits télé et les budgets des clubs de Ligue 1, il est tout à fait normal que les joueurs gagnent autant. Après, il faut l’assumer et tous n’en sont pas capables, certains pètent les plombs", dit-il. "L’équipe nationale doit redevenir un fil conducteur. L’équipe de France a perdu de sa crédibilité vis-à-vis de la carrière d’un joueur. Il faut changer cela".
S’il loue les politiques pour avoir contribué à l’obtention par la France de l’organisation de l’Euro 2016, il estime qu’ils en "ont trop fait" après le fiasco du Mondial, s’étonnant des débats sur le sujet à l’Assemblée nationale.
AP
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