Autant de questionnements qui arrivent à l’esprit depuis la découverte de ce projet de budget. Surtout qu’au niveau des commentaires, les rédacteurs estiment que ce budget sera alimenté par des ressources intérieures déjà évaluées à 869. 294 000 000 f cfa en plus d’un autre financement de plus de 300 milliards. Ainsi, par rapport au budget 2009, les ressources intérieures de 2010 connaissent une nette augmentation de 47. 046 000 000 f cfa qui correspondent à un taux d’accroissement de 5,7%. Première remarque. Avec la baisse drastique des recettes au niveau de toutes les régies, il est illusoire d’entrevoir un tel taux d’accroissement. Parce que le pays continue de subir les affres des importations frauduleuses du temps du sommet de la Cen-Sad. Pour mémoire, à cause des exonérations incontrôlées, des citoyens indélicats en ont profité pour importer des tonnages importants de biens de toutes sortes. Ces marchandises entreposées dans des magasins dans le pays et victimes de la mévente générale, ne permettent plus d’autres importations. Résultat : les recettes douanières ont baissé de façon spectaculaire et, la probabilité est forte pour que la tendance baissière soit maintenue pendant longtemps encore. Où trouverait-on alors les moyens pour faire face aux nouvelles ambitions du président Yayi Boni ? Deuxième remarque. Les institutions de Bretton Woods subordonnent leur soutien budgétaire à un certain nombre de réformes obligatoires. C’est par exemple la revue à la baisse de la masse salariale, la suppression des nouvelles primes sans fondement et bien d’autres exigences en plus. Ce qui n’est pas également possible à entreprendre au sommet de l’Etat où le premier magistrat déjà en baisse de forme, est soucieux de rempiler pour 2011. S’il touche à certains droits supposés acquis des fonctionnaires de l’Etat, il deviendra plus impopulaire et ne pourra pas répondre à ses ambitions. D’ailleurs, les grèves qui s’annoncent à l’horizon ne sont pas de nature à lui rendre la tâche facile. Ce qui veut dire qu’aucune vraie perspective heureuse n’est en vue pour que le gouvernement fasse les recouvrements nécessaires à sa politique budgétaire. Car, c’est seulement sur la pression fiscale que le chef de l’Etat entend jouer pour atteindre ses objectifs. Ainsi, dans le document envoyé à l’Assemblée nationale, le taux de pression fiscale passe en 2010 à 19,5% contre 18% en 2009 et 17,20 en 2008. Une option qui décourage le développement des affaires et risque de contraindre les opérateurs économiques à s’abstenir ou à changer de milieu géographique pour entreprendre. Déjà les affaires tournent au ralenti dans le pays, la mévente devient inquiétante et l’avenir est surtout sombre.
Un rêve béat surtout
Au titre des objectifs du budget 2010, il a été envisagé un taux de croissance de 3,5 contre 2, 7 en 2009 et 5,8 en 2008. Le taux d’inflation actuellement en dessous de la norme sous-régionale est maintenu à 3% comme en 2009 contrairement à celui de 2008 qui était de 7,3%. Mieux, le gouvernement projette une taxe sur les communications Gsm pour un pays où l’usage du téléphone portable coûte déjà trop cher. C’est, dit-on, une redevance de 15 f cfa sur tous les appels internationaux et 2 f cfa sur les communications locales. De quoi susciter la colère dans l’opinion publique où on croit que les opérateurs Gsm vivent sur le dos des populations dans un Etat passif et même complice des dérives. Face à toutes ces incohérences, le gouvernement pense se réfugier derrière la réduction des besoins en financement. Ils passent en effet de 416. 397 000 000 f cfa en 2009 à 398 113 000 000 en 2010, soit un taux net de 4,4% de réduction. Et dès janvier 2010, l’écotaxe sur le souffre en transit sur le Niger sera supprimée. De son côté, le taux de taxe sur la réexportation (Tsr) est prévu pour être ramené à 4%. Enfin, le délai de constitution en dépôt des marchandises et/ou des véhicules d’occasion passe à 12 mois avec 30 jours pour la franchise qui était de 06 mois par le passé. Les habituelles exonérations de droits de douane et taxes sur les minibus, les appareils informatiques, les autocars et les équipements pour les services de stations sont maintenues.
J-C H
(Br.Ouémé-Plateau)