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Projet de révision de la Constitution:Pas de nouvelle République !

Rumeurs, conspirations, accusations. Les intentions malveillantes prêtées au chef de l’Etat, Patrice Talon, sur son projet de révision de la Constitution ne le détournent pas de ses principes et de sa détermination à toiletter la loi fondamentale du pays pour le bien de tous. Révisera-t-il pour prolonger son bail à la tête du Bénin, ou pour ouvrir la voie à une nouvelle République qui permettra aux anciens présidents de la République de nourrir des ambitions de reconquête du pouvoir ? Rien de tout cela.

Et, c’est Joseph Djogbénou qui apporte les assurances du sommet de l’Etat.
Le mois de mars sera celui de la révision de la Constitution, a laissé entendre le Garde des Sceaux, Joseph Djogbénou. Un peu comme pour dire que le gouvernement est prêt et qu’il ne lui reste qu’à transmettre le texte à l’Assemblée nationale pour le soumettre au vote des députés. Tout se fait méthodiquement avec assurance et précaution du côté du Palais de la Marina qui vient d’envoyer un signal fort quant à l’avancée que connait le projet. Rien ne se fait au hasard et chaque acte posé est mûri, bien pensé et réfléchi avant de l’être. Dans ce sillage, le chef de l’Etat, Patrice Talon, vient de sentir la nécessité d’envoyer son ministre de la justice au devant de la scène pour annoncer la nouvelle et préparer l’opinion publique et les acteurs politiques à accueillir cette initiative qui lui tient à cœur. L’exercice étant minutieusement préparé et d’ailleurs bien réussi, les Béninois savent désormais à quoi s’en tenir. Au demeurant, cette sortie est allée au-delà des attentes, pour la simple raison qu’elle a permis au ministre de la justice de dissiper les inquiétudes en évoquant clairement des questions qui suscitent des doutent et de la méfiance. Au nombre des sujets qui suscitent des craintes chez certains, l’espoir chez d’autres, il y a la Nouvelle République. En effet, beaucoup estiment qu’une révision de la Constitution ouvre la voie à une nouvelle République. Ce qui pourrait lui permettre lui-même de se représenter en 2021, alors qu’il a juré de ne faire qu’un seul mandat à la tête du pays. Mais c’est mal connaître Patrice Talon, que de lui prêter des intentions d’une révision opportuniste ou qui ne tient pas compte du contexte béninois. Il n’est pas du genre à dire une chose et son contraire. Comme on devait s’y attendre, il a réagi à toutes ces rumeurs et grotesques montages par la sortie de son ministre de la justice, président de la Commission chargée de réfléchir sur les matières pouvant faire l’objet de révision. C’est donc l’homme qui était très à l’aise dans son plat.

Coup de balai de Djogbénou

Sur le plateau de télévision nationale synchronisé avec Canal 3, Joseph Djogbénou a balayé du revers de la main toutes les malveillantes intentions prêtées au chef de l’Etat dans son projet de révision. D’abord, il a voulu qu’il soit clair dans la tête de tous qu’il ne s’agit pas d’une réécriture de la Constitution et pas conséquent, il ne peut y avoir une nouvelle République. Ce dont il s’agit, a précisé Joseph Djogbénou, c’est de toiletter le texte de 1990, de sorte qu’elle puisse répondre aux besoins de développement, et servir les Béninois et les acteurs politiques. Ces assurances venant du sommet de l’Etat ont été ponctuées d’éclaircissements sur les aspects fondamentaux de la révision à savoir le renforcement de l’Etat de droit, des Institutions de contre-pouvoir. Les réformes constitutionnelles visent à trouver des solutions aux difficultés économiques, aux besoins de satisfaction d’une justice économique. Voilà qui est clair et doit mettre fin aux diverses interprétations et accusations contre le chef de l’Etat. Ceux qui croyaient que la révision de la constitution est du pain béni et rêvent de remettre en selle l’ancien chef de l’Etat, Yayi Boni, doivent se détromper. Il n’y aura pas une nouvelle République pour entériner les manœuvres en cours afin de lui permettre de se représenter en 2017. Ses partisans et autres soutiens de l’ombre ne pourront pas atteindre leur but. Il est temps qu’ils reviennent sur terre en oubliant toute possibilité pour leur mentor de briguer la magistrature suprême. Pour les réformistes, le verrou qui empêche tout ancien président de la République de se porter à nouveau candidat à la Marina, quelque soit son mandat, ne doit pas être sauté ou violé sous prétexte de l’avènement d’une nouvelle République à la faveur de la révision de la Constitution.

Abdourhamane Touré

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