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Sortie de l’administration douanière sur le Pvi et l’affaire de cocaïne : L’offensive qui crucifie Sébastien Ajavon

Au détour d’une conférence de presse animée hier mercredi 19 avril 2017, le Directeur général des douanes et droits indirects et ses collaborateurs ont expliqué les raisons pour lesquelles l’administration douanière est d’accord avec le retour du programme de vérification des importations (Pvi). A l’occasion, des preuves ont été brandies pour démentir les informations selon lesquelles la drogue retrouvée dans un container de la société Cajaf Comon n’était pas l’œuvre des agents des douanes. A tous égards, cette sortie est un camouflet pour Sébastien Ajavon.

A la direction générale des douanes et droits indirects, les cadres sont très remontés contre les auteurs de ce qu’ils ont appelé « calomnie » et qui ternit l’image de l’administration douanière. C’est une affaire qui a une interprétation technique mais qu’on a tôt fait de politiser, selon Marcellin Laourou, chef de la brigade Port de Cotonou. « Depuis que cette affaire de Cocaïne a été politisée, c’est une souffrance morale pour moi, parce que, malgré l’expertise dont nous disposons et toutes les dispositions qui ont été prises pour cette affaire de 17,265 kg de cocaïne, des esprits malins ont tôt fait de la politiser jusqu’à ce que l’Organisation mondiale de la douane (Omd) nous a interpellés », s’est désolé le Cb/douanes-douanes. « On ne peut manipuler une marchandise sous douane sans l’autorisation du receveur que je représentais, en tant que Cb/douane-Port…Aucun manutentionnaire, aucun amateur ne peut manipuler une marchandise sous douane sans autorisation », dira-t-il pour démontrer avec documents à l’appui que la douane n’a jamais changé le plomb du container appartenant à la société Cajaf Comon. Marcellin Laourou a affirmé que toutes les enquêtes ont été faites au niveau de la douane et les preuves existent que le plomb n’a pas été changé par les agents des douanes. Mieux, il a démontré que le numéro du plomb contesté est celui que portait le container à son arrivée au port de Cotonou. « La société Socotrac a introduit une déclaration sommaire 870 du 25 octobre 2016 et a porté à la connaissance des douanes qu’elle avait un container Clru 131 895/4… Dès que cette déclaration sommaire a été enregistrée, ça veut dire que la marchandise est sous la responsabilité directe de l’exploitant du terminal à containers qui est la société Socotrac », a-t-il expliqué avant d’indiquer que si la marchandise ne vous appartient pas, vous ne pouvez pas faire échanges de documents. Cette démarche administrative engagée par la société Socotrac signifie déjà que le container est le leur. Il leur est destiné.

Le changement de plomb n’est pas extraordinaire

Marcellin Laourou a expliqué hier aux journalistes que le changement de plomb que la société Cajaf Comon a dénoncé n’est pas un fait nouveau. « C’est tout comme si c’est pour la première fois que ça se passe. Ça s’est passé avec la société Cajaf Comon. On a retrouvé à maintes reprises, des plombs qui ne sont pas conformes à ce qu’ils avaient envoyés », a-t-il confié. Il a cité un cas où la société Cmacj avait saisi la douane de ce qu’il y avait des plombs qui ne sont pas conformes à ce qui avait été déclaré et une autorisation avait été donnée pour qu’il y ait dépotage. « La même société a importé, le 24 février 2017, avec des plombs non conformes à ceux utilisés », a rappelé Marcellin Laourou qui s’est étonné du fait qu’il y ait eu silence, cette fois-ci. « Moi, j’étais étonné qu’après l’affaire de cocaïne, on n’en a pas parlé », a-t-il constaté. C’est une pratique qui existe en matière de transport maritime, selon ses explications. Et le changement de plomb s’explique par des raisons techniques. « La manipulation des containers par les manutentionnaires. Au cours du transport, il peut avoir une inspection douanière où on peut couper le plomb. Même aux Etats-Unis, on coupe le plomb sans même voir le propriétaire. Il peut s’agir aussi du cas d’une inspection phytosanitaire »’ a-t-il déclaré.
Le conférencier a déploré l’interprétation faite de cette affaire. « Cette affaire de plomb non conforme est un alibi …ou la fabrication d’un bouc émissaire », a-t-il affirmé. « C’est bel et bien le plomb que conteste la société Cajaf Comon qui était apposé sur le container au moment de sa réception et aussi au moment des formalités de vue à quai », a rassuré Marcellin Laourou.

Menace d’assignation en justice

Avant de conclure, Marcellin Laourou a mis en garde contre les accusations faites contre l’administration douanière. Pour lui, la douane ne saurait continuer par se taire face à ceux qui colportent de fausses informations sur elle. « Il s’agit d’affirmations calomnieuses sans fondement….Il est temps maintenant que l’administration des douanes commence par initier des actions en justice pour diffamation. L’administration peut ester en justice ». Elle se déclare prête à un débat contradictoire public face aux responsables de Socotrac en cas de contestation.

Félicien Fangnon

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