Les centres de santé, au niveau des arrondissements, au niveau des communes, au niveau des zones sanitaires, ne travaillent pratiquement plus. Dans le meilleur des cas, on rencontre lundi et vendredi, quelques agents de santé démotivés et frustrés.
Les populations, déboussolées, sont désormais obligées de recourir soit à l’automédication, soit aux structures privées de soins, dont les mieux pour la plupart, mal encadrées, ne disposant ni du personnel, ni du matériel adéquats.
Dans les formations sanitaires publiques, des drames se jouent au quotidien, avec des pertes en vies humaines, notamment les enfants et les femmes en état de grossesse.
Cette longue paralysie quasi inédite du système de santé dans notre pays serait due, selon les travailleurs et les responsables de leurs différentes organisations syndicales à :
·- un manque d’équipements médico-techniques de travail,
·- un manque de personnel au niveau de tous les corps de santé,
·- des disparités, voire injustices dans les paiements d’un certain nombre d’avantages dus aux travailleurs (primes, indemnités…)
·- des promesses ou engagements non tenus de reclassement ou de reversement d’un certain nombre de travailleurs du secteur de la santé,
· la mauvaise gestion des ressources humaines.
L’Etat FCBE/UMPP, son gouvernement et son Chef, à ce jour, n’ont cru devoir donner la moindre explication, ni même donner le sentiment de s’intéresser aux cris de détresse des populations et du personnel de santé. Le Président Yayi Boni et son gouvernement aiment tellement le Peuple, qu’ils le laissent mourir en silence. Ceux qui sont vivants se débattent dans cette situation de crise sociale aigue et d’insécurité. On les abreuve du ballet immoral des véhicules officiels et du tintamarre des « visites présidentielles » ponctuées de meetings de propagande ; des « visites ministérielles » dont celle du Ministre de la Santé, pour la « recherche de terres cultivables » et de « jeunes à insérer dans l’agriculture » ; des « tournées d’explications » de ministres, des directeurs centraux de d’administration publique, couronnés par des marches de soutien, des cultes religieux de soutien, voire d’adulation et de louange à la gloire du Président de la République. Certains organes de presse, particulièrement les médias d’Etat, ne se privent ni de zèle, ni d’ingéniosité pour occuper nos oreilles, nos yeux et nos esprits. Et dans le silence, les enfants, les femmes enceintes, les citoyens démunis meurent devant la porte close des salles de soins et d’accouchement.
Face à cette situation dramatique, les organisations politiques regroupées au sein de l’Union fait la Nation (G4, G13 et Force Clé) :
expriment leur sincère compassion avec le Peuple béninois des villes et des campagnes pour tous les drames humain, moral et matériel qu’ils vivent du fait de la paralysie quasi générale du système de santé dans notre pays ;
dénoncent avec force, l’indifférence affichée par le gouvernement et son Chef et les manœuvres de diversion qu’ils organisent pour occulter les vraies souffrances de nos populations et détourner les attentions, notamment l’attention de l’opinion à étranger, vers des images faussement idylliques de la situation du pays ;
exigent que le gouvernement, engage sans délai, des discussions directes, franches et ouvertes avec les travailleurs sur les problèmes qu’ils ont posés ; qu’il les traite avec diligence, au lieu de s’enfoncer dans les fuites en avant et dans une campagne électorale illégale et moralement choquante ;
demandent aux députés, d’interpeller le gouvernement sur la situation de crise sociale dans le secteur de la santé ;
exhortent les travailleurs, notamment les agents de santé de toutes catégories, à la patience, au discernement mais aussi à l’ouverture d’esprit, afin que les discussions avec le gouvernement aboutissent le plus tôt, à une reprise du travail dans l’intérêt supérieur de la majorité écrasante des citoyens, dont se moque si arrogamment une minorité parvenue au pouvoir dans les conditions que vous savez, et qui tient à s’y maintenir à coup de diversion et de propagande.
L’Union fait la Nation invite tous les démocrates sincères de notre pays à s’engager davantage dans le travail d’information et d’élévation de la conscience de notre peuple, afin qu’il ne soit pas, une fois encore, dupe ou victime de la démagogie et du populisme, pour qu’il ne soit plus permis de dire « on ne savait pas » ou « on s’est trompé ».
Plus profonde est la nuit, plus proche est le jour.
Cotonou, le 25 Mai 2009
La Coordination de l’Unité fait la Nation