Le gouvernement du président Yayi Boni a bien une responsabilité dans l’échec de la candidature de Nouréini Tidjani-Serpos. Si jusqu’ici il pouvait subsister un brin de doute, depuis hier, il est levé. Ce sont sûrement des considérations politiciennes qui ont en partie provoqué l’échec de l’aventure du Béninois dans sa volonté de diriger cette institution spécialisée des Nations-Unies. Celui qui était jusque-là le Directeur Afrique de ladite institution, en a vraiment souffert et en veut toujours au régime du Dr Yayi Boni. Seulement, tout porte à croire que pendant le déroulement de la difficile campagne pour la mobilisation des pays membres de l’Organisation autour de cette candidature béninoise, le candidat Béninois avait voulu garder le silence pour ne pas en perturber le bon déroulement. Quelques semaines après cette mésaventure, les premiers indices apparaissent. A la sortie de l’entretien qu’il a eu ce mercredi avec le chef de l’Etat, le candidat malheureux a en effet laissé transparaître cette colère qui le ronge et qu’il a du mal à contenir. Même si le candidat malheureux n’a pas voulu commenter expressément les nombreux soupçons de politisation de cette candidature et le semblant de soutien du gouvernement, il a par contre bien signifié qu’il a beaucoup de choses à dire mais qu’il préfère les taire pour l’instant. Pourquoi ? Nul ne saurait le dire pour le moment. Toujours est-il que a tenu des propos dont la substance est on ne peut plus claire. « Le moment aujourd’hui…, je ne veux pas parler de ça. Il(le chef de l’Etat) a une manière très très personnelle de calmer les colères, de calmer les énervements. Donc, par respect pour lui, pour le moment, je ne dis rien », affirmait en effet le grand homme de culture au sortir de cette audience. A l’analyse de ces propos, il apparaît clairement qu’il y a bel et bien des non dits autour de cette candidature mais la victime de ce qui est dénoncé comme la mauvaise foi du gouvernement n’est pas encore totalement libre pour faire le déballage. Visiblement, l’ancien candidat semble être à nouveau la victime d’un chantage ou d’une pression qui l’empêche de vider sa colère. « Il a une manière très très personnelle de calmer les colères », a-t-il déclaré. Selon toute vraisemblance, le candidat béninois a bien été victime de son appartenance politique ou alors de sa provenance régionale de la part du chef de l’Etat ou alors des cadres débordés de zèle dont regorge actuellement le système. Ceci, toujours au détriment des intérêts et du rayonnement du Bénin. Ainsi, depuis plusieurs décennies et même sous le régime du Changement, des pratiques aussi basses continuent de prospérer et tirent le pays vers le bas. Mais ce qui relèverait aujourd’hui du pur cynisme en présence d’une telle certitude, est cette apparente détermination que les autorités gouvernementales affichaient autour de cette candidature avec en prime, une rondelette somme volontairement engloutie pour une campagne qu’on savait à terme infructueuse. Par ailleurs, au-delà de l’indignation que cette méthode pourrait susciter, on se demande ce qui peut empêcher la victime, en l’occurrence Nouréini Tidjani-Serpos de cracher le morceau d’autant que comme il l’a lui-même reconnu, son combat a été porté par beaucoup de citoyens. A moins que, comme en de pareilles circonstances, un accord secret qui garantirait un autre poste au candidat malheureux en contrepartie de son silence, n’ait été conclu entre les deux hommes. En tout état de cause, Nouréini Tidjani-Serpos gagnerait à ce que la vérité triomphe afin de ne pas quitter son statut de victime pour celui de complice.
Calixte Adiyéton